ALBO

Fils d’émigrés Aveyronnais en pays Tarnais, ALBO est né en 1955 à Carmaux, citée minière par excellence. Enfant, il ne s’intéresse à l’école qu’à travers le dessin. Au collège, son peu de goût pour les études, amènera cette réflexion d’un de ses professeurs : « Au fond vous n’êtes là que pour dessiner !… » Admirateur de Modigliani et de l’art naïf, ALBO peint sur toutes sortes de supports : bois, papier, carton, toiles, etc.…Ses parents, comprenant que telle était sa motivation, l’encouragèrent à faire les beaux Arts. Ce qu’il refusa illico, car pour lui tout enseignement, tout dogme, tout formatage lui étaient insupportables. Liberté oblige, la seule école de dessin qu’il fera sera l’école … buissonnière de l’art pictural ! Ni Dieu, ni maître !

A 18 ans, première exposition d’huiles sur toile, de facture assez classique, à Carmaux Quelques années plus tard, il obtiendra un second prix de peinture à Castres.

A 23 ans, il expose à Rodez, à la maison du livre, l’un de ses tableaux « joueur de billes », connaîtra un franc succès qui fut la base d’un quiproquo. Dans ce tableau, les gens ne voyaient que la beauté, alors qu’en fait ALBO peignait la pauvreté et la misère.

Ce qui lui fera dire « La beauté se voit mais pas la misère ! »

Au fil des ans, son art devient de plus en plus expressionniste. Sur sa toile, les corps s’étirent, les visages sont comme des masques christiques ruisselants, le trait se  « verticalise », les couleurs deviennent rares ! ALBO ne peint pas seulement la tristesse, mais surement la souffrance et la misère : misère humaine ou misère de fortune !

On croit voir aujourd’hui dans la peinture de ce  fils de mineur, remonter du plus profond de son être, ces corps noircis surgissant des entrailles de la terre ……..Ces corps un peu morts où  seuls les yeux d’un blanc trop cru, sans pupilles, semblent raconter un passé, mais aussi des lumières éclairant un futur incertain. ALBO ne peint que la nuit, le jour ne l’inspire pas, normal que le noir soit sa couleur fétiche.

On pourrait essayer de définir cet artiste de la façon suivante, en faisant un portrait chinois. Si il était chanteur, il serait « anarcho-libertaire », s’il était poète, il serait « écorché vif », s’il était musicien, il serait « hard rock », s’il était roi, il serait « roi maudit ». Maudit, il le fût pendant de longues années, à peindre pour personne !

Il est Tellement difficile d’être un artiste et en même temps de le faire savoir.

La religion, qu’il dit ne pas l’intéresser, transparait dans presque toutes ses œuvres. La fragilité de ses nus, même ravagés par des coups de scalpel, renvoie à la douceur de la femme désirée et redoutée. ALBO ne peint pas, il s’expose au regard, se met en scène, pose ses entrailles sur la table de dissection de votre regard.